Les évêques influents



Mgr François Malier


MgrBouthillier
MgrBouthillier

Dès l’année 1636, vu l’impuissance où était M. de Breslay d’exercer ses fonctions à cause de son grand âge, il eut pour coadjuteur M. François Malier, fils de Claude, seigneur de Houssay, intendant des finances, et de Marie de Melissent. M. Malier fut d’abord abbé de Saint-Pierre de Melun, ensuite évêque « in partibus », sous le titre d’Auguste « Augustopolitanus ».

 

Après la mort de René de Breslay, il prit possession de l’évêché de Troyes le 5 avril 1642, sans  beaucoup de cérémonies, ayant prié l’abbesse de N.D. Claude de Choiseul, de l’exempter d’une rentrée solennelle, à cause du décès de sa mère arrivé depuis peu. L’abbesse se rendit à cette supplication, sans tirer à conséquence pour la suite au préjudice de ses droits. Mais il vint en l’abbaye, en présence de quelques témoins, faire le serment ordinaire de garder les droits de ce monastère.

 

Dès que le nouveau Pontife eut pris en main les rênes du gouvernement de l’église troyenne, il s’appliqua avec zèle à la conduite de son peuple et au maintien de la discipline. Le 3 septembre de l’année suivante, il tint un synode, où il déclara ses intentions et engagea son clergé à le seconder dans ses projets. Il commença par la communauté des chanoines de Saint-Pierre et de Saint-Etienne, à établir des conférences ecclésiastiques, qui furent ensuite tenues dans les doyennés de la campagne. En 1645, il assista à l’assemblée générale du clergé, et, en 1646, au sacre de Gilbert de Choiseul, évêque de Comminges, qui se fit aux Minimes de Paris.

 

Le nouveau consacré s’y démit des abbayes de Boullancourt, de Chantemerle et Basse-Fontaine, et ne garda que celle de Saint-Martin-ès-Aires de Troyes, où il introduisit les chanoines réguliers de la congrégation de France, dite de Sainte-Geneviève.

 

François Malier  donna un catéchisme qu’il publia en français pour les paroisses et en latin pour l’usage des collèges et pensions. Le 4 juin, M. Malier tint un synode général dont il fit imprimer les statuts et règlements avec le catalogue des cas réservés et des empêchements de mariage. Le 3 septembre 1652, dans un autre synode, il donna des corrections de son premier.

 

Il refusa l’installation de Jésuites à Troyes, condamnant la doctrine « de ces casuistes relâchés de cette société », et ces Pères résolurent d’attendre encore pour renouveler leurs entreprises sur la ville de Troyes.

 

Quoique l’évêque de Troyes fût occupé à la paix appelée du pape Clément IX, à laquelle il contribuait, il ne négligeait pas son diocèse. Il ordonna d’éviter soigneusement tout ce qui pourrait troubler la paix, et défendit, aux peines de droit, d’user des termes d’« Hérétiques, Jansénistes, Molinistes et Novateurs », ou de quelque nom de parti, dans les chaires et ailleurs. C’est sous son pontificat qu’eut lieu le scandale des « faux miracles » (voir ce chapitre).

 

Cependant, M. Malier avançait en âge et gouvernait toujours l’église de Troyes en vrai pasteur. Mais, le 10 octobre 1678, il tomba dans une léthargie qui, le lendemain, le conduisit au tombeau à l’âge de 75 ans. Le 17, il fut inhumé dans le chœur de la cathédrale, à droite au-dessus de l’aigle, sous une tombe couverte d’airain. Son cœur fut porté au couvent de la Visitation, dans le sanctuaire de l’église où l’on voit son épitaphe.

 

Ce prélat avait mérité les louanges de Louis XIV. Ce prince dit un jour, en parlant de lui, que « c’était l’exemple et le modèle des évêques tant pour la résidence que pour les autres vertus ».

 

M. Malier eut pour successeur M. Bouthillier, petit-fils de Claude, surintendant des Finances et fils de Léon, comte de Chavigny et de Buzançois, ministre et secrétaire d’état des affaires étrangères, et d’Anne Phélippeaux, fille de Jean, seigneur de Villesavin.  

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