Religion

Les évêques influents



Pierre d'Arcies


Cathédrale de Troyes
Cathédrale de Troyes

Après la mort de Pierre de Villiers (1375-1377) le 12 juin 1377, le clergé de Troyes élut pour évêque Pierre d’Arcies, de la famille des anciens seigneurs d’Arcis-sur-Aube, dont il portait les armes d’azur au canton dextre d’or.

 

Plusieurs de ses parents furent élevés aux premières dignités de la robe et de l’église.

 

Il fut d’abord chanoine de Châlons-sur-Marne, ensuite trésorier et chanoine de Saint-Etienne de Troyes, et enfin official jusqu’à la mort de Jean Braque (évêque de Troyes de 1370 à 1375) à qui il « remit ses provisions ».

 

         Au commencement de son épiscopat, Jean de Rienval, prévôt de Troyes, avait fait arrêter et mettre à la question 4 ecclésiastiques, sans avoir acquis le corps du délit et malgré la revendication des juges d’église.

 

Le prélat prit l’affaire à cœur et la fit instruire par les juges tenant les Grands-Jours (voir ce chapitre). Elle fut envoyée au parlement qui condamna le prévôt à faire amende honorable et à porter à la procession de la cathédrale un plat d’argent du poids de 4 marcs (1 marc = 244,375 grammes) et 1 cierge de 4 livres de cire (1 livre = 453,60 grammes), et à la station dans la nef, à se présenter devant l’évêque et dire en propres termes : « J’ai vexé et donné la question à Guillaume de Creney, Jean de Bar et Baudet de Molines, clercs, c’est pourquoi je vous supplie que vous me pardonniez ». (Je n’ai pas trouvé le nom du quatrième). 

 

Le plat devait être pendu à côté de l’autel pour « y demeurer à jamais », afin de constater les droits de l’église. Mais il y a longtemps qu’il a disparu.

 

         Peu de temps après, Pierre d’Arcies posa la première pierre du jubé de la cathédrale, fonda à la chapelle septentrionale qui est dessous une messe quotidienne, et donna à cet effet des prés qu’il avait acquis à Pouan.

 

Au cours de visites, s’étant transporté à l’abbaye de Basse-Fontaine, ancienne abbaye de l'ordre des prémontrés, proche de Brienne, il approuva la relique du doigt de saint Jean-Baptiste, qui, depuis la destruction de cette abbaye, est dans l’église de Brienne-la-Vieille.

 

Il n’eut pas les mêmes égards pour le suaire de l’église collégiale de Lirey : il défendit, sous peine d’excommunication, de l’exposer à la vénération des fidèles et fit approuver sa décision dans les synodes.

 

Les chanoines murmurèrent, il y eut appel au pape Clément VII, qui infirma la défense de l’évêque et permit aux doyen et chanoines d’exposer ce suaire lorsqu’ils le jugeraient convenable.

 

         Dès l’épiscopat de Jean Braque (évêque de Troyes 1370-1375), Jean Blanchet, secrétaire du roi, avait intenté un procès pour la conservation de ses droits en qualité de baron de Méry, pair de l’évêché. Ce procès continua sous Pierre de Villiers (1375-1377) et sous Pierre d’Arcies.

 

Pierre de Villiers lui avait promis, pour indemnité, de lui payer son voyage et un gobelet de vermeil du poids de 2 marcs au marc de Troyes.

 

Le prélat, n’ayant siégé que 2 ans, ne put acquitter sa promesse. Blanchet intenta une action contre les héritiers, et intima Pierre d’Arcies, qui offrit de payer le gobelet et reconnut les droits du baron.

 

Il intervint un arrêt du 1er février 1383, qui régla le différend et assoupit entièrement le procès.

 

         En 1385, l’évêque de Troyes Pierre d’Arcies reçut foi et hommage, pour la terre d’Anglure, de Simon Sarrebruche, sire de Commercy, qui venait d’épouser Isabeau de Châtillon, veuve d’Oger, seigneur d’Anglure et l’un des 4 barons de la crosse.

 

Il dédia l’église des Chartreux de Dijon à la prière de la duchesse de Bourgogne, et l’année suivante il fit la dédicace de Saint Urbain de Troyes.

 

L’évêque de Troyes Pierre d’Arcies avait une dévotion particulière à sainte Syre, et il en portait les reliques dans un reliquaire dont lui avait fait présent la duchesse d’Orléans. Il les laissa par son testament à Guillaume de Doma, prieur de l’hôpital de Saint-Bernard, son ami intime.

 

Son humilité parait en ce qu’il s’appelle « ministre très indigne de l’église de Troyes ».

 

Il laissa 30 sols au monastère des religieuses Filles-Dieu, afin qu’elles prient Dieu pour le repos de son âme. Ces dernières habitaient entre « le pavé de Preize et le puits Sainte Jule », dans une rue qui porte toujours leur nom, avant de se retirer au début du XV° siècle, à Louarre, où elles emportèrent le corps de Sainte Jule.

 

         Pierre d’Arcies mourut le dimanche de Quasimodo 1395, et fut inhumé dans le chœur de la cathédrale, comme il l’avait ordonné par son testament.

 

Il avait voulu que sur son tombeau, on ne grave que ces mots : « Hic jacet bonae memoriae Petrus de Arciis Trecensis episcopus » : « Ici repose Pierre d'Arcies, évêque de Troyes, de vénérée mémoire », et « Credo quod redemptor meus vivit & in novissimo die de terra surrecturus sum », avec cette sentence qui marque sa foi dans la résurrection : « Je crois que mon rédempteur est vivant, et qu'au dernier jour, je surgirai de la terre ».

 


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